Substitutions chimiques historiques, Partie 4 : Peinture au plomb
Il semble que chaque jour, de nouvelles révélations sur les SPFA, également appelés « Polluants éternels », fassent la une des journaux. Chaque fois, les risques pour la santé augmentent, tandis que le nombre d’endroits où ces substances ont été détectées progresse et que les interdictions et les réglementations se multiplient.
Depuis le début, Actalent suit de près les interdictions et les programmes de substitution des SPFA dans notre série de questions-réponses intitulée &« Éternels... Pour l’instant ». En tant que société, il est évident que nous savons et acceptons que les risques pour la santé associés aux SPFA l’emportent largement sur les avantages.
Il s’agit à présent de les remplacer.
La prévalence des « polluants éternels » et notre dépendance à leur égard – ils se sont révélés extrêmement utiles et efficaces dans tous les domaines, des produits de maquillage longue durée à la mousse extinctrice thermorésistante – rendront la transformation tout sauf simple.
En fait, le processus nécessitera des ajustements majeurs, tant en ce qui concerne nos méthodes de fabrication que d’utilisation d’une multitude de produits concernés.
La bonne nouvelle, c’est que nous sommes déjà passés par là.
Dans cette série intitulée « Substitutions chimiques historiques », nous examinons quelques-unes des campagnes de substitution chimique les plus réussies de l’histoire.

Nous espérons que ces exemples nous rappelleront que nous nous sommes déjà adaptés, que nous avons innové et que nous avons déjà surmonté des défis tels que celui posé par les SPFA. En opérant ces changements, nous avons souvent obtenu de meilleurs résultats pour le bien commun – des résultats qui n’auraient peut-être pas été obtenus autrement.
Dans les parties 1, 2 et 3, nous avons respectivement étudié l’amiante, les CFC et le vert arsenical. Dans la Partie 4, nous examinons la peinture au plomb, un produit interdit aux États-Unis depuis 1977, mais dont les effets se font encore sentir.
Peinture au plomb
Dès le quatrième siècle, le blanc de plomb était connu pour améliorer la durabilité, la finition et la vitesse de séchage des pigments et des peintures.
Même après la découverte de ses dangers au 18e siècle, la peinture au plomb est restée populaire et privilégiée par tous les types de peintres, qu’il s’agisse de peintres en bâtiment, de peintres commerciaux ou d’artistes.
Bien que son caractère toxique ait été largement reconnu au 19e siècle, de nombreux pays n’ont pas interdit les peintures à base de plomb avant les années 1990 et ultérieures. Elle est interdite aux États-Unis depuis 1977.
Dangers de l’exposition au plomb
Le plomb est une neurotoxine qui semble imiter ou affecter le calcium. Le calcium, le minéral le plus abondant dans notre corps, est essentiel à la structure osseuse, aux fonctions circulatoires, au développement des muscles et aux fonctions nerveuses. Une fois ingéré, le plomb est stocké dans les os au même titre que le calcium et libéré dans tout le corps par le biais de la circulation sanguine. Chez l’adulte, il peut endommager divers organes, notamment les reins et le système cardiovasculaire. Chez les femmes enceintes, il peut provoquer des malformations congénitales et des fausses couches. Les enfants sont particulièrement exposés. En effet, de faibles concentrations peuvent engendrer des troubles du comportement, tandis que des concentrations élevées peuvent provoquer des crises d’épilepsie, le coma, voire la mort. Au-delà de la gravité de l’exposition au plomb, il y a son échelle : ces risques sont présents dans toutes les maisons contenant de la peinture à base de plomb.
Substitutions à la peinture au plomb
La peinture au plomb a finalement été remplacée par du dioxyde de titane et parfois de l’oxyde de zinc. Preuve de leur innocuité, les deux substituts sont utilisés dans les écrans solaires et, dans le cas de l’oxyde de titane, comme additif alimentaire. Le dioxyde de titane présente une remarquable opacité, de sorte qu’il nécessite moins de pigments que le blanc de plomb. Les composés à base de strontium (non toxique) et de zirconium (moins toxique que le plomb) ont remplacé le plomb comme agents de séchage. Si le chromate de plomb est encore parfois utilisé pour des applications industrielles, en particulier dans l’aérospatiale où la peinture antirouille est indispensable, les autres peintures intérieures modernes sont non toxiques. Bien que ces substituts ne reproduisent pas toutes les propriétés du plomb, ils sont sûrs et efficaces.
Conclusion : Ce que l’histoire nous enseigne sur les substitutions chimiques
L’histoire nous enseigne que les produits chimiques nocifs commencent généralement à être utilisés parce qu’ils présentent des propriétés et des avantages nouveaux ou uniques.
Toutefois, l’enthousiasme suscité par ces produits chimiques peut les rendre omniprésents avant que leurs dangers ne soient pleinement connus, alors qu’ils ont déjà acquis une inertie importante sur le marché.
À long terme, plutôt que d’améliorer les résultats d’une entreprise, nous apprenons que ces produits chimiques empêchent en fin de compte les entreprises d’innover dans des solutions moins coûteuses, meilleures et plus sécuritaires. Souvent, l’innovation de meilleures solutions ne se produit que lorsque les entreprises sont contraintes de procéder à ces changements, généralement après avoir subi des pertes financières considérables ou avoir été fustigées à la lumière des retombées publiques.
Enfin, l’histoire nous montre que lorsqu’un problème est connu, les entreprises doivent agir rapidement et être proactives contre l’inertie. Ces entreprises se distingueront auprès des consommateurs en tant que chef de file du marché, plutôt que d’être connues comme l’entreprise qui s’est opposée à la prévention de nouveaux dommages.

FAQ sur la peinture au plomb
Le plomb était utilisé dans la peinture pour la rendre plus durable, plus brillante et plus rapide à sécher. Les origines de la peinture au plomb remontent au quatrième siècle.
Le plomb est une neurotoxine. En cas d’ingestion, le plomb est stocké dans les os au même titre que le calcium et libéré dans tout le corps par le biais de la circulation sanguine. Chez l’adulte, il peut endommager divers organes, notamment les reins et le système cardiovasculaire. Chez les femmes enceintes, il peut provoquer des malformations congénitales et des fausses couches. Les enfants sont particulièrement exposés. En effet, de faibles concentrations peuvent engendrer des troubles du comportement, tandis que des concentrations élevées peuvent provoquer des crises d’épilepsie, le coma, voire la mort.
En dehors de quelques applications industrielles de niche, le plomb en tant que pigment a été remplacé par le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc, tous deux non toxiques. Les composés à base de strontium (non toxique) et de zirconium (moins toxique que le plomb) ont également remplacé le plomb comme agents de séchage.
Comme l’amiante, la peinture au plomb est encore présente dans de nombreux logements, de sorte que les coûts, les effets sur la santé et les risques financiers associés à la peinture au plomb perdurent.
Comme pour les SPFA, les bébés exposés à la peinture au plomb au cours de leur développement en gardent des séquelles permanentes. Comme pour les SPFA et les microplastiques, l’élimination des ces agents chimiques prendra des décennies.
SPFA signifie « substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées ». Ces produits chimiques sont constitués d’une chaîne carbonée à laquelle des atomes de fluor sont attachés. La liaison carbone-fluor est extrêmement forte. Cela signifie que ces produits chimiques sont persistants dans l’environnement et s’y accumulent, certains potentiellement pendant des centaines d’années. En fait, ils durent plus longtemps que toute autre substance synthétique existante. Lorsque des SPFA plus grandes se décomposent, elles se transforment en SPFA plus petites qui sont tout aussi persistantes et s’accumulent.